
Le conseil constitutionnel a rendu son avis rendant définitive la controversée réforme des retraites.

Quelques jours plus tôt (le vendredi saint !!!), les JUGES DU CONSEIL D'ETAT venaient d'ordonner l’enlèvement de la statue de Saint-Michel installée sur l’une des places des Sables d’Olonne.
https://www.lefigaro.fr/vox/societe/philippe-de-villiers-le-gouvernement-des-juges-contre-l-ame-de-la-france-20230412
Les matières sont de nature étrangère, ces deux questions n'ont rien de semblable et ce ne sont pas les mêmes juridictions qui ont statué.
- Néanmoins dans les deux cas c’est bien DE DROIT qu’il s’agit.
Droit constitutionnel ou droit administratif de la laïcité.
À chaque fois ce sont des JUGES, (en théorie indépendants), qui sont venus imposer une SOLUTION JURIDIQUE à la Nation.
Au-delà des différences c’est bien la même question des limites de la légitimité du droit qui est posée. Les partis de gauche et les syndicats récusent toute légitimité à la décision du CONSEIL CONTITUTIONEL.
Les habitants des Sables d’Olonne, et plus généralement ceux de nos concitoyens qui restent attachés à « l’identité chrétienne de la FRANCE », contestent au fond d'eux-mêmes la décision des JUGES du conseil d’État.
Dans l’un et l’autre cas LE DROIT CONTRAINT LE PEUPLE.
Arrêtons-nous à la réforme des retraites qui nous préoccupe tous à titre principal.
Face à la gronde sociale qui ne cesse d’enflammer nos rues soir après soir, et alors que la décision de vendredi 14 avril semble ne devoir calmer personne jusqu’à Laurent Berger qui après avoir dit qu’il respecterait l’état de droit en appelle à nouveau à la protestation, le Président de la République a pris le parti du PASSAGE EN FORCE.
Sa première ministre annonce une accélération... Que dira-t-il de nouveau demain soir? Leur pari est-il risqué ?
Pour le général De Gaulle LA LEGITIMITE NE POUVAIT ÊTRE QUE CELLE DU PEUPLE
De fait on ne peut gouverner très longtemps un peuple par la contrainte. Il y a toujours une limite..
Or cela fait quelques décennies que la FRANCE traverse une inexorable et progressive déconnexion entre le peuple et l’État. Le soir de sa ré-élection Emmanuel Macron semblait l'avoir compris.
Mais il considére à présent que l’agitation sociale anti retraite à 64 ans ne reflète pas la volonté populaire. Une simple agitation ...
- Face à cette crise sa propre légitimité démocratique obtenue sur le fil et de manière ambiguë est-elle suffisante ?
- L'application de l'état de droit est-elle légitime et possible durablement ?
- Le président doit-il reprendre le pouls du pays ?
- A défaut risquons-nous une poursuite de la dégradation du climat social et une crise démocratique ?
J’avoue être partagé entre le parti de l’ordre et de la légalité ou celui du peuple que nos gouvernants n’aiment plus comme Michel Onfray le souligne à juste titre. Les deux ont leurs limites. Et nous semblons entrainés dans un engrenage délétaire.
Si dans le cas de la statue de Saint-Michel aux Sables d’Olonne il semble à court terme que « la messe soit dite » tant il est manifeste que la force sociale ancrée dans les racines chrétiennes de la nation a perdu beaucoup de sa vitalité, il n’en est pas de même à propos de la réforme des retraites et plus généralement des troubles qui bousculent l’équilibre entre les forces vives de notre société.

La contestation va t-elle perdurer..
Je fais personnellement le pari que comme la crise des gilets jaunes, elle s'éteindra; mais comme un feu qui couve..
Le rapport risque/profit n'est pas encore inversé. Ce n’est pas pour rien que l’Etat continue d'ouvrir les robinets de sa providence socialisante.
Le problème de fond c'est que :
- LE DROIT au nom duquel le système tente de se sauver n’incarne plus la JUSTICE, alors que LE DROIT ne puise sa LEGITIMITE que dans la JUSTICE qu’il a pour objet de FAIRE REGNER.
Selon Platon et Aristote, la JUSTICE résulte d'un droit qui sert d'instrument de perfectionnement de l'homme et de la cité, de bien-être, de bien-vivre, de bonheur maximal, de vertu totale, de triomphe pour le juste, du convenable, du possible.

La vraie question n’est-elle pas celle de savoir si notre société est encore juste ?
La JUSTICE au nom de laquelle l’Etat prétend gouverner a été vidée de son contenu, elle est CREUSE, les français n’ont pas d’idéal de substitution....
Alors tout va mal, certes.. Mais que faire ?
RIEN ! Tant que l’Etat providence fonctionne et distribue, même de manière imparfaite !
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